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Ceux qui ne connaissent pas le Christ sont perdus ?

Cultes du 22 mai 2016

Lectures :

« Je suis la Porte »
« Je suis le Bon Berger »

Jésus a pris ses deux images du quotidien : une porte, un berger, pour parler de lui-même
et de notre relation à Dieu.
C’est par Jésus, que nous devons passer comme par une porte pour aller vers Dieu, pour connaître Dieu.
C’est lui, Jésus, qui rassemble les hommes autour de lui, comme un berger rassemble ses brebis pour les montrer le chemin à parcourir, les protéger ou les soigner s’il faut. Jésus nous est donné pour nous guider et rassembler sur notre chemin vers Dieu.

L’église est cette communauté rassemblée par et autour de Jésus.
Si nous sommes rassemblés ce matin, n’est-ce pas pour écouter sa voix, la voix de Jésus Christ ?
C’est bien pour cela qu’on vient à l’église.

La Parole de Jésus veut nous guider sur le chemin de la vie. Elle invite à aimer, à avoir confiance, confiance en Dieu.
Il nous dit par exemple « aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimé » ; « ayez confiance foi en moi et dans le Père » ou encore « je suis venu pour que vous ayez la vie, la vie en abondance ».

Le jour de Pentecôte, selon le texte des Actes des apôtres que nous venons d’entendre trois mille hommes et femmes ont accueilli cette parole, cette Bonne Nouvelle, y ont placé leur confiance et leur espérance et ont été baptisés.
Le texte ajoute : ils ont été sauvés. Plus tard on parle de cinq mille hommes et femmes qui s’ajoutent à l’église naissante.

Mais…beaucoup de juifs n’ont pas accueilli l’Evangile.
Il y a ceux qui n’ont pas écouté la voix du bon berger et qui ne sont pas entrés dans sa bergerie. Ils sont restés dehors. Et en fin de compte ils étaient plus nombreux que ceux qui sont entrés.
Cela donne à réfléchir dans un monde où une grande partie de l’humanité, deux tiers (plusieurs milliards d’hommes et de femmes et d’enfants !) est toujours hors de la bergerie, hors de l’Eglise. Ils sont tous perdus ? Hors du christianisme pas de salut ?

Chers frères et sœurs en Christ,

Ma prédication ce soir portera sur ceux qui n’ont pas accueilli la Bonne Nouvelle de Jésus Christ,
ce jour là à Jérusalem et aujourd’hui dans le monde anno 2016.

Est-ce qu’ils sont tous perdus ? Sont seulement sauvés ceux qui ont la foi en Jésus Christ et qui ont été baptisés ? ……….
Cette question épineuse, cette question aux conséquences énormes, cette question souvent laissée à côté, nous voulons la poser ce soir en toute clarté et y apporter une réponse.

Le temps après Pâques et Pentecôte nous y invite, je crois.

Pâques : au moment que les hommes ont rejeté violement et définitivement le Fils, l’Envoyé de Dieu en le crucifiant, Jésus a donné sa vie pour tous, "en rémission des péchés" des hommes. Dieu l’a ressuscité le matin de Pâques dans une affirmation divine et éclatante qu’il était "le bien aimé", l’élu de Dieu, le Fils.
Au lieu de la rupture entre Dieu et les hommes, le Christ est devenu notre paix avec Dieu, notre justice devant Dieu : notre salut.
Voilà l’évènement du salut qui fait le cœur de notre foi chrétienne.
La hauteur, la largeur et la profondeur de l’amour de Dieu pour nous c’est manifesté sur la croix dans sa dimension universelle, comme un salut offert à tous. Sur la croix le salut de Dieu, le pardon de Dieu, est pour tous les hommes. Sans exception. Sans condition. Pour tous les hommes.

A Pentecôte, cette Bonne Nouvelle est annoncée aux hommes à partir de Jérusalem, par l’église qui naît, qui grandit….de Jérusalem à Samarie, Antioche, Asie Mineur, Rome.
Mais …tous n’adhèrent pas à la Bonne Nouvelle.
A Antioche, Ephese, Rome, des communautés chrétiennes voient le jour mais elles seront toujours une minorité au milieu d’une majorité qui n’adhère pas.

Aujourd’hui un tiers de l’humanité est chrétien, mais deux tiers adhèrent à d’autres religions, d’autres visions du monde ; hindouisme, bouddhisme, shintoïsme, athéisme……
L’Eglise est présente dans notre société française mais la large majorité de nos contemporains n’adhère pas à la foi chrétienne, vit sans lien avec les églises, ne fréquente plus les cultes et les messes proposés. Voilà la réalité aujourd’hui en France et dans le monde et nous en sommes conscients.

Tous ces hommes et ces femmes qui n’ont pas la foi chrétienne, ne seront pas sauvés mais sont perdus ? Inclus beaucoup de nos proches, peut être nos propres enfants, notre propre conjoint peut être ?
Depuis des siècles c’est bien ce que le Christianisme a prêché : hors de la foi en Christ, hors de l’église…. pas de salut !
Déjà depuis le tout début de l’église (on en trouve les traces dans les actes des apôtres et chez Paul) et plus systématiquement depuis St Augustin au IV siècle, qui influencera les siècles à venir de sa théologie.

Essayons de préciser la question pour mieux chercher la bonne direction de notre réponse.
Qu’est ce que c’est le salut selon la foi chrétienne ?

Je répondrai : le salut c’est d’être en communion avec Dieu. C’est Lui, c’est Dieu lui-même qui est notre salut.
Parce que Dieu est la Vie, de toute Eternité. Il est la source de toute vie, de notre vie, le Père qui nous a engendrés et qui nous aime tous comme des êtres uniques, comme ses propres enfants.
Jésus est celui qui nous révèle Dieu, notre origine, notre Père pour que nous devenions ses enfants. Des enfants qui connaissent leur père et entrent en relation avec lui, relation faite de reconnaissance, de confiance, d’obéissance, de joie, de communion (relisez tout le chapitre 1 de l’Evangile de Jean !). Donc notre salut est de connaître Dieu et d’être en communion avec Lui qui est la Vie, qui est la Source de toute Vie.

Dans ce début du XXI siècle une réalité s’impose avec évidence : toute l’humanité ne se convertira pas au christianisme. Les autres religions sont bien trop vivantes pour cela, bien trop ancrées dans des cultures anciennes et profondes. L’hindouisme est bien plus ancien que le judaïsme et le christianisme et il en est très conscient. Le christianisme en Inde est resté très marginal malgré tous les efforts des missionnaires soutenus par la force et présence coloniale au sein du British empire ! Rien ne permettra de dire que cela changera un jour.

Il est temps pour le christianisme de repenser notre vision du salut, moins exclusiviste et plus inclusive que l’église a fait dans le passé.
Et cela à partir du cœur de l’Evangile : le Christ qui a donné sa vie pour tous et qui est ressuscité pour tous, sans contrepartie de notre part, par pure grâce.

La solution de Calvin face à ce refus de l’Evangile par une grande partie de l’humanité était de dire que Dieu avait prédestiné la moitié de l’humanité à la perdition. Cela est une affronte à l’amour de Dieu. Et en contradiction avec le message de la croix qui nous dit que le Christ a donné sa vie pour réconcilier toute l’humanité avec Dieu. Ce n’est pas moi qui le dit mais le grand théologien Karl Barth qui n’hésite pas à contredire la solution de Calvin et de repenser toute autrement la prédestination à partir justement du Christ et sa vie donné pour tous.

J’ai dis que il y a aussi une base dans la parole de Jésus pour une autre vision du salut.
Nous avons cité l’apôtre Jean qui écrit : celui qui demeure dans l’amour, demeure en Dieu et Dieu en lui.
Il y a donc une communion, mystérieusement avec Dieu pour celui qui aime. Celui qui aime dans le sens de l’Evangile, le sens de Jésus.
Jésus le dit à sa manière : "ce que tu as fait à un de ses petits tu l’as fait à moi".
Dans l’acte d’amour envers un petit , une personne qui a besoin d’aide, qui est sans défense, sans pouvoir, fragilisé ou oublié….le Christ est présent dans cet acte d’amour. Nous sommes en communion avec lui.

Jésus a dit aussi : "Celui qui accueille un de ses petits m’accueille et accueille celui qui m’a envoyé". C’est-à-dire : il accueille Dieu Lui-même.
Autrement dit : dans tous les grands et petits geste d’humanité, de solidarité, de générosité envers ceux en besoin, ceux qui souffrent, nous vivons déjà une communion avec Dieu, mystérieusement et souvent sans le savoir. Et dans cette communion avec Dieu est notre salut.

L’Apôtre Jean a écrit, nous l’avons entendu : « Dieu est Amour celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu et Dieu en lui ».

Il me semble que le NT s’ouvre ici à une vision plus large du salut celle qui dit "seul est sauvé qui a la foi en Jésus Christ".
Cette vision rejoint davantage l’universalisme de la croix et j’oserai dire du cœur de Dieu que celle qui dit ‘hors de l’église pas de salut’.

Une parole, une parabole importante de Jésus confirme cette vision.
En Mathieu 25 nous trouvons la parabole du dernier jugement.
Dans cette parabole Jésus évoque la fin des temps ou Il accueille lui-même ceux qui arrivent au ciel. Beaucoup sont toute étonnés d’être accueillis par Jésus parce qu’ils ne le connaissaient pas.
Jésus leur dit : "Quand tu as donné un ver d’eau, revêtu quelqu’un, visité quelqu’un c’est à moi que tu l’as fait."
Et ces hommes et femmes sont accueillis auprès de Dieu dans le ciel, c.à.d. dans une communion définitive avec Dieu. Sans avoir connus Jésus !
Ils n’étaient pas chrétiens, ils ne faisaient pas partie de l’église. Peut être des hommes et femmes , sans religion, athées, communistes, hindous, bouddhistes….

Ils ne connaissent pas le Christ mais le Christ les connaît !
Parce que le Seigneur de la Vie, le ressuscité est présent, uni à toute acte de vie des êtres humains.
Dans toute acte humaine qui ressuscite une autre personne le Ressuscité est présent, presque toujours ignoré et inconnu. « Au milieu de vous est celui que vous ne connaissez pas ». Le Christ n’est pas absent de leur vie.
Comme Christ ressuscité il s’unit à toute vie humaine, à tout acte d’amour.
Beaucoup ne le connaissent pas et ne le connaîtront jamais. Mais ils sont connus par le Christ.
« C’est à moi que tu as donné ce ver d’eau, sans le savoir".

Dans la parabole de Mathieu 25 Jésus parle aussi de ceux qui n’entrent pas dans le Royaume de son père.
Apparemment ils n’ont jamais ouvert leur cœur à d’autres dans des gestes de compassion, de solidarité, vivants d’une manière égocentrique, centrés sur eux-mêmes, fermés sur eux-mêmes, dans un refus d’aimer et de se laisser aimer.
L’enfer c’est l’enfermement …..de l’homme sur lui-même.
Il y a là plus qu’un jeu de mot , mais une vérité profonde.
Même Dieu est obligé de frapper sur la porte de notre cœur. Parce qu’Il ne violera pas notre liberté, jamais, au nom de son amour.
Un amour qui s’impose avec force n’est plus l’amour. Cette vérité simple et humaine est aussi profondément spirituelle et peut être la seule limite à Dieu et à sa Toute puissance. La puissance de Dieu n’est pas autre que son Amour. Il suscite la liberté de ses créatures et respecte cette liberté au nom de Son Amour.

L’homme éternellement enfermé en lui-même ? Enfermé dans ses propres ténèbres ?
Le credo nous dit que le Christ ressuscité est descendu aux enfers.
Pour libérer ceux qui demeurent dans les enfers de leurs enfermements.

Chers frères et sœurs en Christ,

Il nous faut conclure.
Certes le NT lie le plus souvent la notion du salut à la foi en Jésus Christ et au baptême comme signe de ce salut. Certes nous sommes tous, sans exception, invités à entrer dans une relation avec le Christ, qui est le chemin, la porte, le berger par excellence pour nous amener vers Dieu. Cette invitation l’église l’a commencé le jour de Pentecôte.
L’église continuera sa mission d’inviter les hommes à accueillir le Christ dans leur vie, aujourd’hui et demain dans le monde qui est le notre.
Mais il ne peut pas être vrai qu’il n’y a pas de salut hors de l’église.
Il n’est pas vraie que tous ces hommes et femmes qui n’adhèrent pas à la foi en Christ, sur les cinq continents du monde ou dans notre entourage , sont simplement condamnés à être perdu, à être exclus de toute communion avec Dieu.

Le Christ lui-même, le Christ ressuscité, est présent dans la vie tous ces hommes et femmes hors du christianisme, à sa manière. Là ou des hommes et femmes ouvrent leur cœur à la générosité, à la compassion envers les autres dans des actes concrets de tous les jours.
Ils sont connus du Christ, sans le connaître.
Dieu demeure en eux et eux demeurent en Dieu, sans qu’ils en soient conscients, sans le connaître, parce que là ou il y l’amour Dieu est présent.

Est-ce qu’il faut encore évangéliser ?
Mais comment ne pas dire aux hommes et femmes qu’ils sont aimés et par qui ils sont aimés de toute Eternité et pour l’Eternité et que le chemin du Christ éclaire nos vies et nos chemins de l’amour de Dieu plus que toute autre lumière ?
Bien sûr nous voulons leur annoncer cette Bonne Nouvelle et leur parler du Christ.
Le Christ qui éclaire pour toute homme le visage de Dieu et le révèle comme Père, comme un Amour donné et inconditionnel. Source de vie, de vie nouvelle, de fraternité et de communion entre les hommes.

Oui, nous voulons dire à tout homme et à toute femme : Dieu s’est déjà réconcilié avec toi en Jésus Christ, Dieu est déjà en paix avec toi !
Et cela tu n’as pas à le mériter par tes actes, ta piété, tes rites, un long chemin de méditation et de purification intérieure. Il t’aime déjà en Jésus Christ sans condition de ta part. Quelle libération se trouve dans cette annonce pour tant d’hommes et de femmes de ce monde !

Oui, le Christ est le Chemin, la Vérité et la Vie. Parce que Dieu a été pleinement présent dans sa vie, sa parole, sa mort et sa résurrection. Il est notre salut.
Il est la porte qui ouvre à la réalité de Dieu et le bon berger qui nous rassemble en Eglise et nous guide par Sa Parole et Son Esprit. Jésus ’fait’ Eglise et se rend présent dans son Eglise, hier comme aujourd’hui et demain. Pour que nous le fassions connaître au monde comme le plus grand don de Dieu fait aux hommes. Cette grande lumière, là nous n’avons pas le droit de la mettre sous la table. Il faut la mettre à la vue de tous, pour qu’elle éclaire tous ! (Mth 5)

Mais le Christ Ressuscité est mystérieusement mais réellement présent dans la vie du bouddhiste, de l’athée, de votre voisin et voisine, fils ou filles, frère ou sœur de sang, qui ouvre son cœur à l’amour et à la compassion envers l’autre.
Eux aussi sont en communion avec Dieu selon une manière que Dieu seul connaît. Jésus les connaît et les accueille dans le cœur de Dieu, dans le ciel de Dieu. C’est Jésus qui le dit dans sa parabole de Mathieu 25.

Le cœur de Dieu est plus grand que les frontières du christianisme et de ses dogmes ! Bien plus grand. Dieu merci.
Et nous en réjouissons avec Dieu, avec le Christ, avec une grande joie !

Mais nous nous sentons aussi pressés à annoncer au monde :
« Il est au milieu de vous Celui que vous ne connaissez pas ».

AMEN